Par Patrick Guiol

La question n’est pas de savoir si Cohn Bendit ferait l’affaire au sein du gouvernement en remplacement de Nicolas Hulot, ni de savoir s’il est un bon et authentique écolo, pas davantage un bon politique.

Qu’importe ! Personne ne fera mieux ou moins bien que l’actuel démissionnaire… qui était le top que Macron puisse décrocher.

Ce qui est scandaleux c’est d’avoir envisagé une seule seconde la nomination du gourou de Mai 68 en tant que ministre d’un gouvernement de la France.

Pourquoi – si la chose se confirme – serait-ce une faute grave ?

Non pour des raisons de compétences. L’homme est intelligent et redoutable. Mais, parce qu’il est le plus parfait symbole d’une idéologie anti-souverainiste, au demeurant l’archétype de l’anti-gaullisme, le fer de lance de toutes les supranationalités libérales-libertaires, le suppôt par excellence des fédéralistes européistes ! Le complice d’une globalisation libérale pour laquelle il n’hésite pas à manger le chapeau anticapitaliste de sa jeunesse [curieuse contradiction pour un écolo].

Surtout ce serait faire preuve d’amnésie. S’il a joué un rôle non négligeable dans l’évolution des esprits et des mœurs, et fait bouger une société française figée – progrès culturels qu’il n’est pas interdit d’apprécier à sa juste mesure – ce fut au prix fort ! Et ça, il ne faut l’oublier sous aucun prétexte. Il est avant tout celui qui a incarné un mouvement qui a ruinée une France florissante, rayonnante, anti-impérialiste, alors capable d’être porteuses de messages émancipateurs au Monde. Une France en excédent financier. Situation qu’elle n’a jamais retrouvée depuis !

Voilà l’autre dimension de l’impact de monsieur Cohn Bendit. Voilà pourquoi la présence de ce trublion professionnel au gouvernement serait une faute grave.

L’avoir envisagé est déjà un scandale.

Un scandale qui n’a de sens que dans la perspective de la prochaine campagne des européennes, afin de séduire un certain électorat europhile vieillissant et nostalgique. Ni plus ni moins.